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 Au nom de l'eau mère...

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Ixia
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MessageSujet: Au nom de l'eau mère...   31/03/17, 04:02 pm

Si quelqu'un trouve la video du film en français....  Wink



L’eau contre l’or : le combat d’une Péruvienne pour sauver une vallée et ses habitants



[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Dans le nord du Pérou, Nélida Ayay Chilón, une Indienne de 30 ans, se bat contre la construction de la plus grande mine d’or d’Amérique du Sud. L’eau contre l’or, pour sauver l’eau de la vallée et ses habitants : le combat d’une vie.
source : grazia.fr

De son corps menu qu’un poncho protège du froid des altitudes sort un plaintif filet de voix. A tout moment, cette voix qui paraît si fragile semble pouvoir retomber, se disloquer, s’évanouir. Mais non, elle a la vigueur entêtante des tristes mélopées du violon des Andes ; le fil mélodique baisse et remonte, agonise et puis résonne à nouveau. Nélida Ayay Chilón, un petit bout d’Indienne de tout juste 30 ans, est une force coriace, un roseau qui ploie sans se rompre.

David contre Goliath

Elle est aujourd’hui la figure emblématique d’une résistance à la David contre un Goliath qu’on imaginait indomptable : le groupe minier Yanacocha, dominé majoritairement par le géant américain Newmont Mining Corporation, qui a récemment investi près de 5 milliards de dollars dans un mégaprojet d’extraction d’or et de cuivre, dans le nord du Pérou. Or ce projet a été « suspendu » jusqu’à nouvel ordre. En bonne partie grâce au persistantcombat de Nélida. En ce dimanche des Rameaux, la voici dans sa bourgade natale de Porcón, à une demi-heure de voiture de Cajamarca située à 2 700 mètres d’altitude, capitale de la province embrasée par le conflit minier. Sur la place de l’église, son large et typique chapeau de paysanne vissé sur sa chevelure de jais, Nélida se fond avec aisance à cette fête catholique -mêlée ici de croyances précolombiennes- et s’entretient en quechua, la langue des Incas, avec ses parents et amis.
Mais son visage trahit une sourde inquiétude : « Vous savez, depuis que la multinationale est présente, nous avons une peur continuelle qu’ils perforent et vident toutes nos montagnes, même les plus sacrées. » Et, du regard, de désigner au lointain le Quilish, un sommet herbeux d’où provient l’eau qui alimente cette vallée : « Cela fait dix ans que la compagnie Yanacocha tente aussi de l’exploiter et, jusqu’ici, on a réussi à bloquer les tentatives. Tant de montagnes ont été profanées, déjà. Mais celle-ci serait plus grave encore. Depuis que je suis toute petite, nous y allons en procession pour la vénérer.« 

Grandir avec le cauchemar de l’extraction minière

Issue d’une famille de paysans-éleveurs pour qui la nature est un être vivant, Nélida a grandi avec le cauchemar de l’extraction minière. En 1991-elle avait 7 ans-, la Newmont Mining Corporation jette son dévolu sur un fabuleux gisement découvert par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), un organisme public français -qui sera finalement dépossédé de ce butin.
Avec un partenaire péruvien, la Newmont fonde Yanacocha (« lagune noire », en quechua), signe des chèques à tout-va, et s’arroge 250 km2 de hauts plateaux, au-delà de 3 500 mètres, qui regorgeraient de métaux précieux. Pour les investisseurs, c’est un mirifique coup de poker qui deviendra la plus grande mine d’or d’Amérique du Sud, la plus rentable du monde. En près d’un quart de siècle, quelque 10 000 hommes en ont extrait 35 millions d’onces d’or. Une promenade aujourd’hui dans ces parages revient à parcourir des cratères -ocre, marron ou gris argenté- ayant éventré d’innombrables sommets.

Un conflit devenu national

En 2011, alors que ces gisements montrent un épuisement imminent, les dirigeants de Yanacocha convoitent un autre trésor aurifère (et de cuivre) dans le voisinage, baptisé Conga. Alléchés par cette trouvaille, qui relancerait leur production, ils misent gros, 4,8 milliards de dollars. Sauf que ce nouveau projet est d’une autre dimension : non seulement il nécessite encore plus de mercure et de cyanure que le précédent, mais il prévoit de vider six lagunes d’altitude, et d’aménager un bassin artificiel sur des terres d’élevage, au milieu de communautés indigènes. Le pays de Nélida. Alors, lorsque les autorités péruviennes donnent leur feu vert à Conga, c’est l’explosion sociale.
Dans cette province de Cajamarca, une majorité s’y oppose avec véhémence, augurant la contamination des eaux, la destruction de la « Pachamama » (la « Terre Mère ») et d’un mode de vie ancestral. A 4 000 mètres d’altitude s’affrontent la police, rangée du côté de la compagnie minière, et les paysans-éleveurs indiens : cinq de ces derniers seront tués dans les affrontements, et des dizaines blessés. En février 2012, le conflit se fait national. Une immense marche de 850 kilomètres converge sur Lima et force le gouvernement en place, six mois plus tard, à « suspendre » le projet.

Contaminer l’eau pour obtenir de l’or

Dans la capitale, juchée sur l’estrade, Nélida Ayay Chilón impressionne alors par son verbe limpide et sincère pour défendre ces hautes terres, sa fermeté contre « ceux qui veulent l’or en contaminant l’eau« . La « cholita », la « petite indigène », s’érige en leader contre la multinationale minière.
Depuis des années déjà, sa conviction est faite : « Pour moi, tout a commencé avec les ravages de Yanacocha. J’étais adolescente, avec mon champ et mes animaux, et je voyais bien que le débit des rivières se réduisait, que l’eau n’était plus aussi pure. Un jour, j’ai surpris des ingénieurs de la mine en train d’analyser les eaux du Quilish ; l’un deux a dit qu’elles contenaient plein de mercure. J’étais en état de choc ! J’ai compris que si je n’étudiais pas pour nous défendre, ils nous empoisonneraient peu à peu.« 

Avocate de la Terre Mère

Sa vie prend alors un virage radical : Nélida se lance dans des études de droit et de sciences politiques à la fac de Cajamarca pour devenir avocate, défendre la « Madre Tierra » comme elle dit. Aujourd’hui, ce titre presque en poche, elle sait que le combat n’est pas terminé. « Les braises sont là« , dit-elle de sa mélancolique voix qui résonne. La province n’est certes plus à feu et à sang, mais les stigmates de la mine sont omniprésents, notamment à Cajamarca : des hôtels et des restaurants à foison, des centaines de taxis, mais aussi des crimes, de la prostitution, l’eau potable rationnée.
Nélida sait surtout que le projet de Conga continue de menacer. Là-haut, autour des lagunes, les dirigeants de la multinationale sont propriétaires de dizaines de kilomètres carrés et sont à l’affût d’une possible réouverture. Une autre paysanne indienne leur fait s’arracher les cheveux : Máxima Acuña de Chaupe, 44ans, refuse de quitter sa maisonnette et ses 23 hectares de pâturages situés à 4 600 mètres d’altitude, au bord d’une lagune sous laquelle se trouverait le coeur du si désiré gisement aurifère ! Analphabète, aidée par Nélida et l’ONG Grufides, Máxima fait valoir un titre de propriété obtenu en 1992. Que, cependant, la compagnie minière ne reconnaît pas.

L’or des Andes : cinq siècles de pauvreté

Ce jour-là, Nélida et deux de ses fidèles ont décidé de rendre visite à Máxima, en signe de solidarité. Sa famille entière serait victime de la compagnie minière, qui aurait installé des fils barbelés autour de chez elle, saccagé son champ de pommes de terre, et détruit l’extension de sa maison. « Il lui faut notre soutien », souffle Nélida. Après trois heures de voiture par une mauvaise route en terre, tout en lacets vertigineux, un poste de contrôle de Yanacocha barre la route, avec des agents de sécurité inflexibles et menaçants. Il faut rebrousser chemin, contourner la colline et une série de lagunes, pour forcer l’accès par la voie opposée. En vain, aussi. Des hommes armés ne laissent aucun espoir.
Les pourparlers confirment ce qu’un dirigeant de la multinationale nous a confié la veille à Cajamarca, dans son fortin grillagé en sortie de ville : Máxima et sa famille sont des « usurpateurs« , ils doivent décamper au plus vite pour ne plus revenir. Et pour cause : si le projet devait se débloquer, les 23 hectares de ces « trublions » indiens compliqueraient l’extraction aurifère. Plus que personne, Nélida est consciente de ce risque. Elle sait que le prochain gouvernement péruvien (le second tour de la présidentielle aura lieu début juin) risque de donner gain de cause à cet investissement majuscule, pourvoyeur de main-d’oeuvre, corrupteur, synonyme de « progrès ».

« La Terre Mère et l’esprit des eaux sont en colère »

Au bord de la « namokocha » -la « lagune en forme de pierre »-, recueillie dans son poncho, la petite Indienne fixe son regard sur un point d’horizon : « Notre Inca, Atahualpa, a été tué par les Espagnols à cause de leur cupidité pour l’or, et cinq siècles de mines ne nous ont rien apporté d’autre que de la pauvreté. » Un temps de silence, puis : « Moi, je sais que la Terre Mère et Mama Yaku, l’esprit des eaux, sont en colère ; je sais qu’après avoir été autant brutalisées, elles ont mal comme si on les avait amputées de plusieurs membres. Je sais que, la nuit, les montagnes parlent entre elles et se disent des choses terribles comme leur envie d’engloutir dans leurs entrailles tous ceux, ingénieurs et mineurs, qui les ont souillées et violées. Tout cela, je le sais bien. »

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MessageSujet: Re: Au nom de l'eau mère...   31/03/17, 07:39 pm

Ça me donne envie de le voir , merci 😊, je vais voir si je le trouve .
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